Des quatrièmes de couverture pour mieux découvrir

Bonne année à tous ! « Puissiez-vous vivre une époque intéressante », souhaite avec malveillance une ancienne malédiction chinoise. Après cette année 2021 hors normes, on serait tentés d’y voir de la sagesse, et pourtant qui aspire à une vie banale ou ennuyeuse ? Lire des romans, rêver d’aventure, n’est-ce pas justement vouloir traverser des hauts comme des bas ? Notre équipe se permet donc de vous souhaiter une année 2022 « intéressante », en plus des traditionnels vœux de santé, bonheur et réussite !

Pitch, oh mon pitch

Les formalités protocolaires étant traitées, j’aimerais aujourd’hui en dire un peu plus sur Le Chant du Cygne, et spécifiquement les quatrièmes de couverture. Il n’aura échappé à personne que la maison d’édition a fait un choix un peu surprenant en ce qui les concerne : elles paraissent nébuleuses, obscures, ne permettent pas vraiment de comprendre de quoi parle le livre. À l’origine de cette décision, un constat : les pitchs sont un exercice ingrat. Leur objectif premier est d’attirer l’attention sur les aspects frappants d’un projet : des prémices originales, la particularité d’un personnage, ou encore une idée qui interpelle… En bref, de la pure coquetterie. Il est aisé de voir que de nombreux aspects déterminants pour la réussite d’une histoire, comme sa structure, son langage symbolique, son style, son originalité ne peuvent être condensés de la sorte. On peut adorer Twitter (c’est le cas de votre serviteur) et admettre que toutes les conversations ne sont pas réductibles à un échange de tweets.

Le rôle de la quatrième de couverture est de permettre à un roman de se démarquer de ses semblables, dans un paysage littéraire légèrement saturé. Tout leur paradoxe est que les aspects originaux mis en valeur relèvent tellement de la nuance qu’elles soulignent surtout à quel point le roman ressemble aux autres. Quand on nous décrit en substance « de l’urban fantasy, mais avec des fées ET des vampires », on sent bien qu’on n’est pas face à une rupture, mais plutôt qu’on a devant nous plus d’à peu près pareil.

4ème de couverture de La Dimension Heisenberg
Quatrième de couverture de La Dimension Heisenberg

Passer la quatrième ?

Le fait est que les éléments qui ressortent traditionnellement sur les quatrièmes de couvertures sont précisément ceux qui ont le moins de valeur à nos yeux : les gimmicks qui se dissipent aussitôt qu’on les révèle – ici, avant même l’ouverture du roman. Sans bien sûr juger négativement les textes qui s’inscrivent dans une sorte de continuité des codes établis, Le Chant du Cygne a été créé pour proposer autre chose. En particulier, nous recherchons des projets qui sont profondément porteurs de sens – une dimension à laquelle une quatrième de couverture ne pourra jamais rendre justice. Nous nous sommes longuement questionnés sur la manière dont nous utiliserions cet espace, envisageant même pendant un temps de ne pas avoir de quatrième de couverture du tout. Cette solution ayant été jugée trop radicale, le consensus retenu fut de rédiger un texte qui ignore totalement l’intrigue des romans mais se focalise sur ses thématiques et sur le type d’expérience qu’il propose. Nous espérons que ce choix éveillera la curiosité des lecteurs qui cherchent des textes dont l’intrigue n’est qu’un véhicule pour des idées plus grandes.

Un dernier détail est l’orientation verticale du texte : celle-ci matérialise l’effort (ici, physique – une rotation, mais en pratique intellectuel) que doit fournir le lecteur pour tirer le meilleur de nos romans.

Bonnes lectures à toutes et à tous !

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